
Enregistré en décembre 2014 au Teatro Real – Madrid
Dans son dernier opéra, écrit en 1973 d’après le roman de Thomas Mann, Benjamin Britten, le grand héritier de Purcell, dépeint la crise existentielle et esthétique du protagoniste tout au long de 17 scènes dans lesquelles se déploie un monologue intérieur torturé.
On ne peut bien sûr évoquer la nouvelle de Thomas Mann sans penser au film de Visconti (1970), et l’on ne peut non plus voir l’opéra de Britten sans y faire, consciemment ou non, référence. Car les choix du film, faits de non-dits construits sur la musique de Mahler, se sont imprimés de façon indélébile dans notre inconscient collectif. Si l’œuvre de Britten reste d’une grande originalité musicale, son livret suit de si près la nouvelle – et donc le même scénario – que seule la mise en scène peut lui donner la liberté nécessaire à une vraie distanciation par rapport au film. A ce titre, la production stylisée du metteur en scène allemand Willy Decker, présentée par le Teatro Real de Madrid, est tout aussi fidèle au caractère fascinant et ambigu de l’œuvre, qu’étonnante par sa scénographie, qui dépeint dans des tableaux saisissants les désirs et les rêves qui hantent le personnage principal.
Argument
Un écrivain en panne d'inspiration quitte l'Allemagne pour Venise, où il tombe amoureux d'un jeune garçon. Alors que le choléra menace, il refuse de fuir loin de ce dernier.
Acte 1
A Munich, l’écrivain Gustav von Aschenbach, en manque d’inspiration, part pour Venise. A son arrivée, dans le hall de l’hôtel, il est bouleversé par la beauté parfaite d’un adolescent, Tadzio. Plus tard, sur la plage, il le retrouve et ne le quitte pas des yeux. Sur le chemin du retour, Tadzio lui sourit ; l’écrivain lui murmure alors son amour.
Acte 2
Des rumeurs d’épidémie se répandent dans la ville et inquiètent le romancier, crainte très vite confirmée quand il apprend que la « Sérénissime » est touchée par le choléra. A plusieurs reprises les regards de Tadzio et de l’écrivain se croisent, mélés de trouble et de complicité. La famille polonaise de Tadzio s’apprête à quitter Venise, alors que sur la plage, Aschenbach assiste à une violente scène entre Tadzio et un camarade. Impuissant à le secourir, il s’effondre sans vie.
John Daszak, Gustav von Aschenbach
Leigh Melrose, Le voyageur
Tomasz Borczyk, Tadzio
Anthony Roth Costanzo, La voix d’Apollon
Duncan Rock, L’employé anglais, le guide de Venise
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et à revoir sur
Opéra en deux actes et dix-sept tableaux
Livret de Myfanwy Piper
D’après la nouvelle de Thomas Mann
Création : 16 juin 1973, festival d'Aldeburgh, Angleterre
Direction musicale : Alejo Pérez
Mise en scène : Willy Decker
Décors : Wolfgang Gussmann
Costumes : Wolfgang Gussmann, Susana Mendoza
Lumières : Hans Toelstede
Dramaturgie : Klaus Bertisch
Chorégraphie : Athol Farmer
Chœur et Orchestre du Teatro Real
En coproduction avec Gran Teatre del Liceu-Barcelona
Durée : 155'25’’
Année : 2014
Réalisation : François Roussillon
Production : François Roussillon et associés
Unité Divertissements, Spectacles et Jeux : Marie Genest – Brice Chappey