
Devant le succès populaire du Centre Pompidou, on peine à imaginer le tollé qui a accompagné sa création. A l'aide d'archives savoureuses et de rencontres avec les principaux protagonistes de son histoire, ce film retrace l'aventure humaine, politique, artistique et architecturale d'un édifice qui désormais fait figure de pionnier et de modèle pour les musées du monde entier.
Note d’intention de Julien Donada
Quarante ans après son inauguration, le Centre Pompidou est incontestablement un succès. Succès de fréquentation populaire au-delà de toutes les attentes : que ce soit pour l’édifice lui-même, pour sa bibliothèque publique, pour son musée, ses expositions temporaires, ses salles de spectacles, son restaurant sur les toits de Paris, son immense piazza et ses alentours pleins d’animation, Beaubourg est aimé. Devant une telle unanimité, personne n’imagine aujourd’hui le tollé provoqué par la création du Centre Pompidou dont l’acte fondateur était basé sur le libre accès, la gratuité et la culture pour tous.
Rarement la création d’une institution culturelle n’aura suscité autant de polémiques : pas moins de sept procès furent intentés pour empêcher sa construction, le Président Giscard d’Estaing a même tenté, en vain, de stopper le projet qui fut sauvé par le Premier Ministre de l’époque Jacques Chirac.
Revoyons les nombreux sobriquets qui ont accueilli l'édifice à sa création : « La raffinerie », « Notre-Dame des tuyaux », « l’usine à gaz », « le Pompidolium », « la verrue d’avant-garde », « le supermarché de la culture », « le hangar de l’art »… Tout, dans le Centre Pompidou est matière à critique : sa taille apparemment démesurée, son architecture industrielle contrastant violemment avec le quartier du Paris historique, son esthétique fonctionnelle jugée contradictoire avec sa vocation muséale, son ambition pluridisciplinaire considérée comme illusoire, et enfin son nom qui renvoie à la décision présidentielle de sa création raillée comme le fait du Prince…
Bref en 1977 le centre Pompidou a tous les défauts : il est gros, laid, obscène et prétentieux. Quarante ans plus tard, Beaubourg est devenu emblématique et pionnier à maints égards. Le geste architectural spectaculaire en complète contradiction avec le milieu urbain qui l’accueille est devenu récurrent dans la création de la plupart des musées.
Aujourd’hui, à l’instar du Centre Pompidou, la notion de musée a partout fait place à celle de centre culturel pluridisciplinaire. Les musées d’aujourd’hui sont comme Beaubourg : des lieux ouverts sur la ville et sur la vie, où tout un chacun vient pour se divertir, s’instruire, se nourrir ou simplement se promener.
Avec entre autres :
Renzo Piano, architecte. Catherine Millet, critique d’art, commissaire d’expos.
Yaacov Agam, artiste, ami de Georges Pompidou. Philippe Starck, designer.
Edouard Balladur, homme politique. Jean Pierre Raynaud, artiste et de nombreux autres témoins célèbres ou anonymes...
Biographie de Julien Donada
Julien Donada est cinéaste. Le point commun entre ses films de fictions et ses documentaires : l’architecture, l’urbanisme, la ville. Réalisateur de cinéma, il signe plusieurs documentaires qui nous montrent la ville de manière décalée : "Soudain la Grande Motte", "A Propos du Bunker" "La maison Unal", " L’étrange histoire d’une expérience urbaine". L’espace urbain est donc son grand terrain de jeu, documentaire et fictionnel. "Beau rivage", sorti en 2011 est son premier long métrage de cinéma qui a fait suite à la réalisation de quatre courts-métrages de fiction ("La part des choses","L'odeur du melon dans la poubelle","A San Remo", "Hôtel provençal, été 76") .
FICHE TECHNIQUE
Un film inédit écrit et réalisé par Julien Donada
Produit par Vladimir Donn et Luc Martin-Gousset
Une production Point du Jour
Une coproduction Centre Pompidou
Avec la participation de France télévisions
Avec le soutien du Centre National du Cinéma et de l'Image animée
Unité de programmes documentaires et magazines culturels de France 2 : Catherine Alvaresse et Barbara Hurel
Le rendez-vous Infrarouge invite les téléspectateurs à réagir et commenter les documentaires en direct sur twitter via le hashtag #infrarouge.
Le documentaire est disponible en visionnage (copie de travail) sur le site francetvpreview:
https://www.francetvpreview.fr/