
Mithé, jeune finistérienne à la beauté fracassante, rêve d’être marin et part, vent debout, dans les années 50, en Algérie en pleine guerre, à la rencontre de son destin et de l’homme de sa vie. Mais ses désirs de liberté se briseront au fil des naissances de ses nombreux enfants. Elle fut ma mère, tendre et souvent injuste. Ce documentaire inédit réalisé par Amalia Escriva, retrace le parcours de cette mère tendre et injuste qui fut la sienne.
C’est l’histoire de ma mère, belle, sévère, adorable et insupportable et son monde du Léon qui s’en va avec ses jours qui fuient. C’est aussi évoquer son père Émile, maquignon finistérien, qui ne parlait plus que breton les derniers jours de sa vie, encoléré de devoir devant la mort céder, lui qui ne céda jamais devant rien. C’est en passer par Marie, la mère de ma mère, qui épousa Émile car dans sa petite ville de Landerneau, où ça n’a pas fait de bruit du tout, les hommes étaient décimés par la grande guerre. C’est aussi François, son grand-père, officier de La Royale, voyageur infatigable qui envoya mille cartes postales du bout de la terre, socles merveilleux de ses rêves d’enfant et des nôtres. C’est le récit de la vie de cette jeune finistérienne, qui, dans les années 50, partit en Algérie en pleine guerre, à la rencontre de son destin et de mon père, européen de Sidi Bel Abbés. C’est enfin moi qui tente de retracer la vie de cette mère tendre et injuste qui fut la mienne et de l’interroger encore alors qu’elle ne peut presque plus répondre.