Le parcours professionnel débute à la fin des études, au moment de la recherche du premier emploi. Cette phase de transition constitue une étape déterminante dans l’entrée dans la vie active. Dès lors, comment les jeunes ultramarins s’y préparent-ils ? Comment vivent-ils leur insertion dans le monde du travail et parviennent-ils à concilier rêves, espoirs et réalités ? Mission : Premier emploi ! suit dix jeunes originaires des Outre-mer durant cette période charnière, qui s’étend de la fin de leur formation à la signature de leur premier contrat de travail.
Dans un rapport publié en 2025 intitulé « Jeunes d’Outre-Mer, Garantir l’égalité des chances pour tous », le Conseil d’orientation des politiques de jeunesse (COJ), qui s'appuie sur la consultation de 2 600 jeunes ultramarins, dresse un panorama des difficultés auxquelles fait face la jeunesse des Outre-mer. « Inégalité d’accès à la formation », « sentiment d’abandon », « malaise profond », mais la première inquiétude de ces jeunes adultes reste l'emploi dans des territoires où le taux de chômage est nettement supérieur à celui de l'Hexagone, où s'insérer dans le milieu professionnel représente un enjeu majeur pour les moins de 30 ans.
Si l’insertion des jeunes constitue un enjeu majeur des politiques publiques en France, cette problématique revêt une acuité particulière en Outre-mer, où le taux de chômage des jeunes demeure très élevé, touchant plus de 40 % des 15-29 ans dans la plupart des territoires. À cela s’ajoutent de nombreuses difficultés structurelles : illettrisme, faibles performances scolaires et universitaires, progression du chômage, ralentissement de la croissance économique, ainsi qu’un creusement des inégalités et de la pauvreté.
Néanmoins, la grande majorité des jeunes — 70 % en Guyane, par exemple — s’engagent dans des parcours d’études, de stages ou de formation, passent des concours, adressent des candidatures, participent à des entretiens d’embauche et demeurent dans l’attente de réponses. Certains aspirent à découvrir le monde, tandis que d’autres souhaitent demeurer sur leur territoire d’origine. Tous et toutes nourrissent des aspirations, élaborent des projets, se confrontent aux réalités, traversent des joies et des épreuves, et construisent leur propre trajectoire.
En suivant le quotidien de dix jeunes d'origines et d'horizons différents, cette série documentaire laisse entrevoir la réalité de l'accès à l'emploi au delà de l'Hexagone.
Résumé des épisodes
Kingsley, la cuisine dans la peau
Passionné de cuisine depuis l'enfance, Kingsley, 19 ans, se forme au lycée hôtelier du Gosier en Guadeloupe. Son cursus en BTS mêle théorie et pratique et révèle son ambition de devenir professeur de cuisine pour transmettre son savoir, comme son frère avant lui. Son passage « Chez Christine », un restaurant de Saint-François, marque un tournant. Sa maîtrise du stress et son efficacité lui permettent de décrocher son premier emploi en tant que second de cuisine dès l'obtention de son diplôme. Pour Kingsley, cette expérience de terrain constitue une étape indispensable pour atteindre, à terme, son objectif d'enseignement, tout en restant chez lui, sur son île.
Mounia, au cœur de l'urgence pédiatrique
De retour à Mayotte après son internat en pédiatrie à Poitiers, Mounia Djoussouf, 32 ans, native de M'Tsapéré, est recrutée comme assistante au centre hospitalier de Mayotte. Elle travaille aux côtés du Dr Chamouine, chef du service de pédiatrie, qui devient son mentor. Ses premiers jours illustrent la polyvalence et l'intensité de sa mission entre gardes de nuit aux urgences et interventions mobiles avec le « drépabus » pour soigner les enfants atteints de drépanocytose. Au-delà de ses compétences médicales, sa présence en tant que médecin mahoraise crée un lien de confiance essentiel avec les familles. Malgré la pression du métier, cette immersion confirme sa volonté de s'engager durablement pour la santé des enfants de son territoire.
Tidiane, de la Guadeloupe aux hautes tours de la Défense
Tidiane Aristide-Ladal, jeune Guadeloupéen, présente un parcours académique remarquable dans le domaine de l’informatique. Major de sa promotion en licence, il intègre l’INSA de Rouen, où il réalise son stage de fin d’études au sein du cabinet de conseil en cybersécurité Wavestone, à la Défense, travaillant notamment sur des projets liés à l’intelligence artificielle. Malgré un revers inattendu lors de la soutenance de son diplôme d’ingénieur, Tidiane fait preuve d’une grande résilience. Après avoir retravaillé son rapport et pris un temps de recul en Guadeloupe, il obtient son premier contrat à durée indéterminée et rejoint officiellement les équipes de Wavestone.
Noémie, la géographe et le volcan
Originaire de Martinique, Noémie Michal, 25 ans, s'est spécialisée en géographie après un passage par Sciences Po Rennes. Elle focalise son cursus sur les risques naturels aux Antilles, une thématique qui la passionne. Son expertise lui permet de décrocher son premier emploi de chercheuse au laboratoire LAGAM de Montpellier. Noémie part pour une mission scientifique en Martinique dédiée à la montagne Pelée. Ce retour sur son île, soutenu par son mentor Frédéric Leone, est aussi l'occasion de retrouvailles familiales émouvantes. Animée par un fort attachement à ses racines, Noémie ambitionne désormais d'intégrer l'Observatoire volcanologique local pour mettre ses compétences scientifiques au service de sa terre d'origine.
Nathaniel, le protecteur des réseaux
À 21 ans, Nathaniel Bordes, originaire de Roura en Guyane, achève son BUT en cybersécurité à l'IUT de Kourou. Fort d'une expérience en alternance réussie au sein de l'association PEP (Pupilles de l’enseignement public à Cayenne), il affiche une ambition claire : poursuivre ses études en master à distance tout en restant travailler sur son territoire. Son projet repose sur un modèle hybride, une école basée dans l'Hexagone pour la théorie et une entreprise locale pour la pratique. Après deux mois de recherches actives, son avenir se dessine éventuellement chez Guyane Matériels et lui ouvre la voie d'une carrière spécialisée au service de son territoire.
Blandine, à l'école de l'engagement
Blandine Luc, 20 ans, de Saint-Paul à La Réunion, trouve sa vocation dans la gendarmerie après une période d'incertitude. Elle intègre l'école de Fontainebleau, où elle affronte un quotidien rigoureux fait de discipline militaire et d'entraînements physiques intensifs (combat, tir, interventions). Malgré l'isolement et la difficulté de la formation, la jeune femme fait preuve d'une résilience remarquable alors que de nombreux camarades abandonnent. À l'issue de ses neuf mois de formation, son classement final l'affecte dans un village du Cantal, loin de son choix initial. Professionnelle et engagée, Blandine représente une jeunesse déterminée, prête à servir les valeurs de la nation et de la sécurité publique, avec l'ambition ultime d'intégrer le GIGN.
Ricardo, un cadet au service de la République
D'origine modeste et marqué par un passé familial difficile, Ricardo, jeune Guadeloupéen de 19 ans, a su transformer ses épreuves en une solide détermination. Malgré un parcours scolaire difficile, il intègre le dispositif des cadets de la République. Grâce à sa persévérance, il surmonte des débuts laborieux pour finir major de sa promotion. Désormais affecté au commissariat de Pointe-à-Pitre, le jeune homme débute sa carrière sur le terrain avec l'ambition de devenir gardien de la paix au sein de la BAC. Son parcours illustre une insertion réussie et un engagement fort pour la sécurité de son île.
Erine, le rêve d'Icare
Dynamique et passionnée par les voyages, Erine Sery, 18 ans, originaire de La Réunion, se lance, après une année linguistique à Malte, le double défi de participer au concours de Miss Réunion et d'intégrer la compagnie aérienne Air Austral pour devenir hôtesse de l'air. Sélectionnée parmi 800 candidats pour l'une des rares places en alternance, elle suit une formation intensive chez Aéro Run Training. Le 2 novembre, lors de son premier vol de nuit entre Saint-Denis et Paris, elle concrétise son rêve d'enfance.
Ludovic, l'engagement en héritage
Porté par de fortes convictions citoyennes et un héritage culturel profond, Ludovic Babas, 24 ans, de Saint-Louis à La Réunion, intègre Sciences Po Rennes après un baccalauréat brillamment obtenu. Il effectue un stage déterminant en Afrique du Sud au sein de l'ONG Mandela Institute for Development Studies (MINDS). Son ambition internationale se concrétise lorsqu'il décroche son premier emploi comme chargé de communication pour la fondation à Johannesburg. Son installation met en lumière les défis d'un début de carrière à l'étranger entre logistique, sécurité et adaptation au management anglo-saxon. Ludovic incarne une jeunesse réunionnaise engagée, prête à porter les valeurs de justice et d'égalité sur la scène mondiale.
Maëlle, la passion de transmettre
À 23 ans, Maëlle Gail termine son Master MEEF à l’université de Guyane avec une vocation profonde pour l'enseignement. Son objectif est de réussir le concours de professeur des écoles, passage obligé avant son ambition finale : enseigner les SVT dans le secondaire. Après avoir franchi les étapes exigeantes des écrits et des oraux, elle obtient son affectation à l'école Jean-Macé de Cayenne. Un véritable retour aux sources pour Maëlle, puisqu'il s'agit de l'école de son enfance. Cependant, entre l'enthousiasme de la pré-rentrée et la réalité du premier jour de classe, elle est confrontée à une rentrée scolaire pleine d'imprévus.
Inédit
10 x 26 min
Idée originale de
Laure Martin Hernandez
Écrit par
Béryl Chaumeil
Réalisation
Antoine Dézert
Production
BCI Productions
Avec la participation de
France Télévisions
Direction des médias
du pôle Outre-mer
Emmanuel Tourpe
Directeur du portail numérique
du pôle Outre-mer
Fabrice Hochard
2025
Retrouvez l'ensemble des épisodes
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