Né à Morne-à-l'Eau en Guadeloupe, saxophoniste, compositeur et producteur, Eddy Gustave a porté la musique afro-caribéenne jusqu'au Top 50 français. Guadeloupe la 1ère lui consacre un documentaire de 52 minutes, diffusé le 21 avril dans la case « Horizons ».
Un homme, plusieurs vies
Tout commence dans les clubs de jazz parisiens des années 60, où le jeune Eddy débarque après avoir grandi à Morne-à-l'Eau. Il prend vite ses marques à La Canne à Sucre — cabaret antillais de référence de l'époque — aux côtés de Gérard Laviny. Puis c'est Radio France et les tournées dans toute la France, qui le diffusent partout dans le monde. Avec Hora de Carnaval, Loli Lolai et A Bailar Merengue, la musique caribéenne entre pour la première fois dans le classement du Top 50. Il fonde ensuite le label « Eddy Son » : plus de 500 artistes y seront enregistrés, dont de nombreux musiciens africains qu'il est l'un des premiers à produire en Europe.
Ce que trois ans de tournage ont capturé
La réalisatrice Amalia Ninine l'a suivi dans la durée — concerts, répétitions, retour dans son ancienne école à Morne-à-l'Eau, et conversations avec les musiciens, animateurs radio et collectionneurs de vinyles qui ont croisé sa route. Le portrait qui se dessine est celui d'un homme fiable, cultivé, qui a traversé l'épopée de la musique antillaise des années 70 en acteur de premier plan — et qui regarde le présent avec un œil critique, sans se priver d'égratigner ses contemporains.
La leçon du Maestro
Aujourd'hui, à plus de 90 ans, Eddy Gustave joue encore avec son groupe Les Masterclass dans les bals et soirées de son île. Ce documentaire n'est pas une archive : c'est une transmission. Celle d'un homme qui a sifflé avant de parler, qui a joué malgré l'interdiction de sa mère, et qui continue d'enseigner à ceux qui veulent apprendre.
« Petit, je sifflais comme les oiseaux en montant dans les arbres, j'avais l'âme d'un musicien. » — Eddy Gustave