À l’occasion du mois des mémoires de l'esclavage, Guyane la 1ère propose une programmation spéciale consacrée à cette page majeure de l’histoire. Documentaire, fiction, spectacle vivant et court-métrage se font l'écho d'une mémoire partagée, invitant à la transmission, à la réflexion et à la compréhension des héritages de ce passé.
Samedi 9 mai à 21h30
Black Label
Guyane la 1ère nous invite à suivre l’acteur/rappeur JoeyStarr et le metteur en scène David Bobée qui se sont s’emparés de l’un des plus grands écrits de la poésie antiraciste, celle de Léon-Gontran Damas, Black label. Accompagnés par la musicienne et chanteuse de jazz Sélène Saint-Aimé et du chanteur et danseur Nicolas Moumbounou, ils nous plongent dans un long moment de réflexion. À leurs côtés, l’artiste sourd Jules Turlet, chansigneur, interprète tout le spectacle en langue des signes.
Un spectacle mis en scène par David Bobée et JoeyStarr à la Friche la Belle de Mai à Marseille dans le cadre du Festival La 1ère.
Dimanche 10 mai
20h Enchainés
Île Bourbon, 1806. L’habitation Bellevue est ravagée par un cyclone. Isaac, un jeune esclave, se voit contraint de reconstruire sa propre prison, tenue d’une main de fer par Charles Belevue, son maître… et son père.
Avec Olivier Gourmet (Charles Belevue), Enzo Rose (Isaac), Elsa Lepoivre (Constance Belevue), Baptiste Carrion-Weiss (Henri Belevue), Lula Cotton Frapier (Amélia Dennemont), Alséni Bathily (Tristan), Eric Caravaca (Georges-Marie Dennemont), Lolita Tergemina (Célestine), Francis Convert (Mr Roland), Jean Luc Trules (Ovide), Théa Burdin (Eglantine Belevue)...
6 x 52 min • Drame historique • Création Alain Moreau • Réalisation Laure de Butler • Scénario Alain Moreau, Adriana Barbato, Fanny Talmone • Musique Audrey Ismael • Production Alexandre Boyer (Tetra Media Fiction - groupe TM Studios)
Dimanche 10 mai
21h35 L’esclavage à Bourbon
Ce documentaire retrace les grandes étapes qui ont marqué l’histoire de l’esclavage et de son abolition à La Réunion. Aboutissement de plus de deux ans de travail, ce film, enrichi d’archives et d'analyses de spécialistes de référence, explore les spécificités de l’esclavage dans l’océan Indien, de l’arrivée des premiers captifs à l’abolition en 1848. La richesse des récits et des témoignages permet d’éclairer les mécanismes de ce système et de l'héritages qu’il a laissés dans la société réunionnaise contemporaine. Saisir ces traces, culturelles, sociales et économiques, constitue une clé essentielle pour appréhender les enjeux identitaires et sociétaux actuels.
Mardi 12 mai à 14h
Les foulards rouges l’histoire oubliée
À la fin des années 60, un groupe d’étudiants visionnaires a tenté de transformer la Nouvelle-Calédonie. Animés par une volonté de décoloniser les esprits et de bâtir une société plus juste, les Foulards Rouges rêvaient d’un pays affranchi des inégalités économiques, culturelles et sociales héritées de la colonisation.
Qui étaient ces jeunes militants ? Pourquoi leur engagement, porté par un idéal d’unité, a-t-il fini par diviser ? Quels obstacles ont brisé leurs aspirations ?
À travers ces témoignages et archives, l’histoire des Foulards Rouges, celle d'une génération qui voulait changer le destin de la Nouvelle-Calédonie.
Mercredi 13 mai à 20h25
Kazadok : 25 ans de la Loi Taubira
Ce mercredi 13 mai dans Kazadok, retour sur un moment clé de notre histoire : la loi du 21 mai 2001 qui a fait de la France le premier pays au monde à reconnaître la traite négrière et l'esclavage comme crime contre l'humanité. Vingt-cinq ans après son adoption à l'unanimité, quel bilan tirer de ce texte porté par Christiane Taubira ? Quelles résistances ce combat intime et politique a-t-il suscitées, et continue-t-il de susciter ? Et surtout, pourquoi l'écart persiste-t-il entre la promesse solennelle de la loi et la réalité parfois décevante de sa mise en œuvre ?
Pour en parler, Marc-Philippe Coumba reçoit ce soir à 20h25 :
- Christiane Taubira ancienne députée et garde des sceaux
- Aissata Seck Directrice de la fondation pour la mémoire de l’esclavage
Documentaire à l'affiche : Christiane Taubira une loi pour mémoire
Résumé :
Le 21 mai 2001, la France devenait le premier pays au monde à reconnaître la traite négrière et l'esclavage comme crime contre l'humanité. Vingt-cinq ans après son adoption à l'unanimité, Christiane Taubira : une loi pour mémoire retrace le combat à la fois intime et politique que mena Christiane Taubira pour arracher à l'histoire officielle la reconnaissance de ce passé douloureux. Le documentaire interroge les résistances tenaces qu'elle continue de susciter dans certains milieux et mesure avec lucidité l'écart persistant entre la promesse solennelle de la loi et la réalité souvent décevante de sa mise en œuvre. Un documentaire qui rappelle que certaines lois, même votées, restent des combats à poursuivre.
Mercredi 13 mai
22h20 Furcy le procès de la liberté
Esclave sur l'île Bourbon, Furcy s'imposa comme l'une des figures les plus emblématiques de la lutte pour l'émancipation en obtenant, à l'issue d'un procès historique, son statut d'homme libre. Pendant près de trente ans, de 1817 à 1843, il se présenta devant les plus hautes juridictions du royaume de France pour faire valoir ce droit fondamental.
À travers son combat, c'est toute une mémoire plurielle de l'esclavage qui se révèle, portée par un désir universel de justice et d'humanité. De La Réunion à l'île Maurice, jusqu'aux tribunaux parisiens, le film recompose pas à pas l'itinéraire de cet homme déterminé, qui parvint, en 1843, à prouver qu'il était né libre, cinq ans avant l'abolition de 1848 dans les colonies françaises.
En reconstituant ce destin hors du commun, le film dresse le portrait d'une figure inébranlable en quête de justice, trouvant finalement, dans son nouveau patronyme Furcy Madeleine, la dignité trop longtemps refusée.
Vendredi 15 mai à 14h
Solitude une figure de la liberté
Figure emblématique de la rébellion de 1802 en Guadeloupe, Solitude, de son vrai nom Rosalie, est un personnage historique devenu héroïne littéraire. Incarnation de la résistance des esclaves noirs qui ont lutté contre le rétablissement de l'esclavage sur l'île, activiste pour la liberté, son histoire s'est transmise à travers un témoignage oral repris par l'historien Auguste Lacour, dont l'écrivain André Schwarz-Bart s'inspira pour son roman La mulâtresse Solitude, paru en 1972. Qui était vraiment Solitude et quelle était son histoire ?
Retour sur le destin d'un personnage mythique, entre réalité et fiction, à travers des archives de l'écrivaine Simone Schwarz-Bart et les témoignages de Myriam Cottias, historienne et directrice de recherche au CNRS, Romuald Fonkoua, directeur de l'UFR de littérature, et Frédéric Régent, maître de conférence en histoire.
Mercredi 20 mai à 20h50
Je ne suis pas votre nègre
À travers les propos et les écrits de l’écrivain noir américain James Baldwin, Raoul Peck propose un film qui revisite les luttes sociales et politiques des Afro-Américains au cours de ces dernières décennies. Une réflexion intime sur la société américaine, en écho à la réalité française.
En juin 1979, l’auteur noir américain James Baldwin écrit à son agent littéraire pour lui raconter le livre qu'il prépare : le récit des vies et des assassinats de ses amis Martin Luther King Jr., Medgar Evers, membre de la National Association for the Advancement of Colored People (NAACP), et Malcolm X. En l'espace de cinq années, leur mort a traumatisé une génération. En 1987, l'écrivain disparaît avant d'avoir achevé son projet. Il laisse un manuscrit de trente pages, Notes for Remember This House, que son exécuteur testamentaire confiera plus tard à Raoul Peck (L'École du pouvoir, Lumumba).
Le film a remporté de nombreuses récompenses, dont le César 2018 et le Bafta Awards 2018 du Meilleur film documentaire, et l'International Emmy Awards 2019 dans la catégorie Documentaire Arts et Culture.
Vendredi 29 mai à 14h
Moring sur les routes de l’esclavage
Le moring, art de combat ancestral né dans l’océan Indien, s’affirme dans ce documentaire comme un puissant vecteur de mémoire, de transmission et d’identité collective, profondément ancré dans l'Histoire de tout un peuple.
En remontant les anciennes routes de l’esclavage reliant Madagascar, les Comores, La Réunion et le Mozambique, le film met en lumière la complexité d’un héritage partagé, longtemps passé sous silence et aujourd’hui revendiqué avec force. Bien plus qu’un art de combat, le moring apparaît comme le témoin vivant d’une histoire commune façonnée au fil des siècles dans la douleur, la résistance et la survie des esclavisés et des engagés, puis perpétuée avec fierté par leurs descendants.
À la croisée du geste et de la mémoire, le documentaire révèle un patrimoine culturel qui refuse l’oubli. Le corps y devient archive, langage et outil de transmission, un espace où l’intime rejoint le collectif et où le passé continue de s’incarner dans le présent. Loin d’une simple reconstitution historique, le film propose une immersion sensible et engagée dans une pratique toujours vivante, qui relie les peuples du sud-ouest de l’océan Indien au-delà des frontières et des siècles. À travers chaque combat, chaque geste transmis, se déploient la dignité, la mémoire et l’identité de celles et ceux qui perpétuent cet héritage.