Comment se (re)trouver quand on est déraciné ? 🤔 Découvrez l'histoire de René Lacaille et de ses enfants, une lignée de musiciens hors-norme qui portent haut la culture créole à travers le monde ! 🗺️🎤
Alchimiste des métissages musicaux, René Lacaille a quitté La Réunion il y a 40 ans. Il est devenu l’un des plus fervents ambassadeurs de la culture créole dans le monde. Ses enfants, Marco et Oriane, sont aussi des musiciens reconnus. Fiers héritiers d’une lignée hors norme, ils portent en eux les blessures de cette histoire. Comment se (re)trouver chez les déracinés ? À l’image de leur île, les Lacaille s’inventent.
🎬 Note d’intention :
Définir René Lacaille dans l’espace et le temps : il y a La Réunion, sa terre natale, sa géographie somptueuse et son histoire métissée, parfois tourmentée. Sa langue, le créole, et la cuisine piquante qui va avec. Au sein de la famille Lacaille, où René grandit dans les années 50, règnent la pauvreté, la rudesse, et la musique — obligatoire pour les garçons mais interdite aux filles. Viennent ensuite les belles rencontres (notamment avec Alain Peters), puis les époques sombres (la répression violente sous le gouvernement Debré, l’enfermement dû à l’insularité) qui mènent à la séparation douloureuse d’avec l’île. Enfin, l’arrivée à Paris dans la folie de mai 68. Et la musique, la musique, encore la musique... Puis une forme de renaissance au gré des (re)trouvailles et des collaborations.
Il y a aussi le désir de partage et de transmission. René, Réunionnais en exil, ne s’est pas mué en gardien du temple. Il a d’abord cherché l’inspiration de sa musique ailleurs que sur son île, notamment sur la scène jazz. Puis, peu à peu, et grâce à des musiciens comme Danyel Waro, René est revenu à ses fondements : le maloya, mais surtout le séga, un genre musical jadis très populaire, mais déprécié avec le temps et au fil des luttes politiques (le maloya, longtemps interdit à La Réunion car musique de contestation, étant devenu l’étendard musical de l’île).
À partir de là, il n’a plus été question que de porter la culture créole partout où c’était possible, et d’ouvrir la porte à tous les métissages... Une manière pour René de répondre aux questions d’identité et d’intégration qui l’ont douloureusement concerné en métropole, et qui agitent toujours le monde. Entre-temps, dans les années 80, René devient père : d’abord d’un garçon, Marc, puis d’une fille, Oriane. Contrairement à son propre père, il ne leur donne pas de cours de musique, mais il les installe sur scène dès le plus jeune âge. La musique, chez les Lacaille, ça s’apprend par « la force des choses », par une pratique directe et intuitive, sans grands discours. C’est ainsi qu’elle devient évidente, vitale : la musique comme une part du sang.
Au fil de nos discussions, de nos recherches et de nos repérages, il est devenu évident que ce documentaire ne pouvait se cantonner au seul personnage de René et à son histoire. D’abord parce que chez les Lacaille, tout se fait en tribu : la cuisine, la musique, les rencontres... Marc est membre du quartet de René, qui parallèlement a décidé de s’installer à Sète pour se rapprocher d’Oriane et de sa petite-fille Joséphine. C’est une famille unie, mais en mouvement, où la notion de transmission est travaillée quotidiennement. À observer les parcours personnels et artistiques de Marc et, plus particulièrement, ceux d’Oriane (ses textes, sa musique, la construction de sa propre famille, son rapport au monde), on peut ressentir plus précisément la dimension symbolique qui est au départ de cette réflexion documentaire : que fait-on d’un tel héritage, où s’intriquent si étroitement une culture très riche et joyeuse et les blessures répétées de l’esclavage, de la pauvreté et de l’exil ?
📝 Les biographies
Christine Bouteiller Réalisatrice et vidéaste, Christine Bouteiller envisage le documentaire comme un lieu d’écoute et de reconstruction du monde, où ceux qui s'expriment deviennent les auteurs de leurs propres récits.
Au cours de sa carrière, elle :
- Expérimente diverses formes de créations documentaires (La Cabine, Les Égarés, La Lune à l’envers...). 🎥
- Réalise des films pour la télévision, les entreprises, les institutions et les ONG, en particulier sur des thématiques liées à l’Histoire et à la Société (Les Lois Auroux – CFDT, Femmes de l’Ombre pour la chaîne Histoire, La 3e voie – MSA...). 🌍
- Contribue aux œuvres d’autres créateurs en tant que monteuse et scénariste (notamment pour France 3, France 5 et plusieurs festivals). ✂️
- Accompagne des publics non professionnels dans leur propre démarche de création (ateliers vidéo, écriture et photo en milieux socio-éducatif, thérapeutique ou de développement à l’étranger). 🤝
Josselin Carré Réalisateur indépendant, Josselin Carré exerce principalement dans le champ du spectacle vivant, de la musique et de la danse. 🕺🎶
Avant de passer derrière la caméra en 2005, il a officié comme assistant monteur pour la chaîne de télévision TPS Star pendant six ans, tout en montant parallèlement plusieurs documentaires d’auteur. Selon les projets, il intervient aujourd'hui comme réalisateur, cadreur et monteur. Aussi à l’aise en solitaire qu’en binôme ou à la tête d’une équipe, il signe des longs métrages (documentaires, captations multicaméras) ainsi que des formats courts (EPK, teasers, reportages). 🎬🔍

Présentation : Elyas Akhoun
Documentaire
52 min
Un film écrit et réalisé par Josselin Carré et Christine Bouteiller
Image Josselin Carré, Nicolas Pinchinot, Mathias Garcia
Image additionnelle Jérémie Clément, Adrien Diss, Leila Chaibi, Nicolas Bole
Prise de Son Marie-Clotilde Chéry
Prise de Son additionnelle Christophe Martin
Montage image Christine Bouteiller, Josselin Carré
Montage Son Raphael Mouterde
Ingénieur du son du Mixage François Gueurce
Moyens techniques de tournage
Studio Acoustik Thierry Thopart, Nathan Lacanal
Cave à son Marie-Clotilde Chéry, François Gueurce
Moyens techniques de postproduction
PomZed Céline Kazandjian, Bertille Lelarge, Hippolyte Saura
Cave à son Marie-Clotilde Chéry, François Gueurce
Production Benoît Ayraud
Producteurs associés Isabelle Chesneau, Hernan Mazzeo, Christian Pfohl
Avec le Soutien de la Région Réunion et en partenariat avec le CNC
Avec la participation du CNC
En coproduction avec France Télévisions – Réunion la 1ère
En coproduction avec Télé Bocal
Documentaliste Séverine Nativel