Temps fort S27
Réunion
Le magazine d’information du pôle Outre-mer de France Télévisions

Outre-mer, et si on bougeait les lignes ?

Mercredi 1er juillet 2026 à 22.05
52 min

Indexation en Outre-mer : stop ou encore ?
 

Dans les années 1950, les conditions de vie en Outre-mer étaient difficiles en raison du manque d'infrastructures essentielles — absence de routes, rareté des écoles et des établissements hospitaliers —, de la pénurie de produits manufacturés et d'un coût de la vie particulièrement élevé par rapport à celui de l'Hexagone. Pourtant, la fonction publique de ces territoires devait renforcer ses effectifs, notamment ses cadres. Ainsi, pour attirer les professionnels de l'Hexagone et les jeunes diplômés locaux, un dispositif de majoration a été mis en place par la loi du 3 avril 1950, accompagné d'avantages financiers et en nature. Destinée, au départ, aux seuls fonctionnaires d'État originaires de l'Hexagone, cette sur-rémunération — ou indexation — a été progressivement étendue à la quasi-totalité du secteur public. Cette compensation, dite aussi « prime de vie chère » ou « majoration de traitement », s'élève aujourd'hui à 40 % aux Antilles-Guyane, 53 % à La Réunion, 75 % à Saint-Pierre-et-Miquelon, entre 73 et 108 % en Nouvelle-Calédonie et en Polynésie, et 105 % à Wallis-et-Futuna.

Selon nombre d'experts, cette sur-rémunération crée une économie artificielle qui démotive l'investissement et l'emploi dans des secteurs productifs locaux. C'est également une source d'inégalités importante entre ceux qui en bénéficient et les travailleurs du secteur privé qui n'y ont pas droit. En Polynésie française, par exemple, il n'existe ni RSA ni allocations chômage, et le salaire minimum est nettement inférieur à celui de l'Hexagone ; en revanche, les fonctionnaires y perçoivent jusqu'à 108 % de plus que leurs homologues hexagonaux. Enfin, le versement de cet argent public a favorisé la constitution d'une économie de rente, ainsi que la hausse du coût de la vie, en particulier dans le domaine alimentaire. Les distributeurs, en situation d'oligopole, ont ajusté leurs prix au niveau des revenus de leur clientèle cible, et leurs produits sont devenus inaccessibles aux populations locales.

Souvent pointée du doigt par la Cour des comptes, la sur-rémunération des fonctionnaires a été peu réformée au fil du temps. Presque tous les gouvernements ont souhaité réduire, voire supprimer, l'indexation des salaires des fonctionnaires d'Outre-mer, mais face aux levées de boucliers, les responsables politiques esquivent ou évitent le sujet.

Siti Daroussi, en collaboration avec les rédactions du Réseau des 1ère, reviendra avec ses invités, en plateau et en duplex, sur les effets politiques et sociaux de la sur-rémunération. Cette inégalité institutionnelle peut-elle perdurer ? Comment limiter les écarts de rémunération Outre-mer ? Quelles conséquences pour la compétitivité des territoires ? Quelles mesures pour une répartition salariale plus équitable et pour redonner du pouvoir d'achat aux populations des territoires ?

Invités en plateau

  • Hervé Mariton, ancien ministre de l'Outre-mer, président de la Fédération des entreprises d'Outre-mer (FEDOM) 
  • Jeanne Belanyi, essayiste, directrice de l'Observatoire de l'Outre-mer de la Fondation Jean-Jaurès 
  • Edenz Maurice, agrégé et docteur en histoire, secrétaire scientifique du département d'histoire préfectorale et du ministère de l'Intérieur et des Outre-mer (IHEMI) 

Invités en duplex

  • Olivier Sudrie, économiste, maître de conférences à l'Université Paris-Saclay
  • Valérie Vertale-Loriot, professeure d'histoire-géographie, cosecrétaire académique du SNES-FSU Martinique

Inédit

52 min

Présentation
Sitianlati Daroussi

Rédaction en chef 
Bruno Sat

Direction de l’information du pôle Outre-mer
Laurent Corteel 
Willy Bracciano

Direction des rédactions de la DOPOM
David Ponchelet

Production
France Télévisions

2026

Responsable Communication Guadeloupe la 1ère
Sabine Michel