Dans ce nouveau volet de Nos terres inconnues, le tandem inédit formé par le Québécois Samuel Ostiguy et l’humoriste Jeanfi Janssens met le cap sur les grands espaces de l’Aveyron. Entre confidences, défis physiques et fous rires, le duo raconte ce périple chaleureux au cœur d'une ruralité vibrante et solidaire.
Anciennement steward, vous avez parcouru la planète. Que représente le voyage pour vous aujourd'hui ?
Jeanfi Janssens : Rien ne me prédestinait à devenir steward, c'est le hasard de la vie. Mais dès que je l'ai été, j'ai voulu découvrir le monde entier. Paradoxalement, je connais mieux le monde que la France ! Mes semaines s'articulaient entre Rio et Bangkok ; il y avait un côté décalé et clandestin dans cette vie que j'appréciais. Mes yeux ont vu en vingt ans ce que beaucoup ne verront jamais, et je me considère comme très privilégié.
Comment avez-vous vécu ces rencontres en terre aveyronnaise ?
Jeanfi Janssens : Ce furent des rencontres assez troublantes. Étant moi-même le produit d'une reconversion professionnelle, je me suis retrouvé face à des gens qui avaient fait le même choix. Ce sont des personnes qui portent de vrais leitmotivs et qui cherchent le bonheur à travers plus de simplicité. Cela m'a beaucoup touché.
J'ai aussi été très étonné par la richesse du tissu social. Venant du Nord, une région davantage paralysée et désertique, où moins de choses se passent dans les villages le soir, j'ai vu en Aveyron un véritable dynamisme, des bars aux cercles d'habitants. Il y a une réelle communication intergénérationnelle ; les jeunes et les aînés se parlent, c'est incroyable ! Avec Sam qui découvrait aussi la région, c'était un mélange très cosmopolite entre un Canadien, un Ch'ti et des Aveyronnais.
Vous comparez souvent l'Aveyron à votre Nord natal. Pensez-vous que cette émission puisse redonner de l'optimisme aux régions plus éteintes ?
Jeanfi Janssens : Absolument. Le Nord a été très touché par l'effondrement du bassin industriel, mais l'émission montre que la ruralité et le tissu associatif peuvent maintenir un lien social qui a tendance à disparaître. Dans mon village natal, les gens s'isolent rapidement, alors que cela tient parfois à peu de choses.
En Aveyron, la présence d'un simple bar m'a ramené 30 ans en arrière, à l'époque où le village de mes parents avait encore son boucher, son boulanger et son café. L'émission prouve qu'un retour vers la proximité est encore possible aujourd'hui avec un peu de bonne volonté, des mairies conciliantes et le retour des marchés de village.
Samuel, qu'est-ce qui vous a le plus marqué chez Jeanfi et au contact des habitants ?
Samuel Ostiguy : C'était un privilège de partir avec Jeanfi, qui a l'habitude des métropoles et des avions, et de le voir dire oui à une aventure comme celle-ci. Je vais d'ailleurs reprendre une phrase qu'il m'a dite et que je réutilise toutes les semaines désormais : « L'aventure est parfois au coin de la rue. » Aller au coin de la rue et prendre le temps de rencontrer les gens chez eux demande aussi beaucoup de courage et de vulnérabilité de leur part.
Nous étions avec des gens dans l'action, qui ont décidé de prendre leur vie en main. Ce qui frappe, c'est l'initiative, l'innovation, sous ce mantra : « J'ai envie de contribuer au monde dans lequel je veux vivre, alors j'apporte ma pierre à l'édifice. » Le tout se déroule sur fond de paysages grandioses. On a bien mangé, on a bien rigolé, et Jeanfi s'est révélé être un véritable aventurier !
En conclusion, le bonheur est-il en Aveyron ?
Jeanfi Janssens : Le bonheur est avec Sam, peu importe l'endroit du monde ! (Rires)
Plus sérieusement, j'y ai découvert des paysages à couper le souffle, une nature luxuriante et de vastes étendues sauvages qui m'ont parfois rappelé la Californie ou le Grand Canyon. C'était assez euphorisant. J'y retournerai à coup sûr pour les vacances !
Propos recueillis par Maé Savouré