À travers le documentaire Ce qui nous tient debout, Matthieu Lartot revient sur son parcours face au cancer et donne la parole à ceux qui l’ont accompagné. Aux côtés du directeur éditorial « Vie quotidienne », Florent Dumont, de la réalisatrice Anouk Burel et de la productrice Katia Maksym, le journaliste sportif évoque la maladie, le tabou qui l’entoure et l’importance de libérer la parole.
Le cancer, un sujet tabou
« Aujourd'hui, tout le monde a une histoire avec le cancer. Pourtant, il reste une forme de tabou, y compris dans le vocabulaire utilisé pour en parler », précise Florent. « Il nous paraissait donc urgent de faire ce film. »
Le documentaire a pour objectif de « faire écho, libérer la parole et démythifier le cancer », afin d'engager une conversation et de faire avancer la recherche. Le film est accompagné d'une campagne d'impact et d'un site qui porte le nom du film : cequinoustientdebout.fr. Un dispositif à 360 degrés.
Le témoignage de Matthieu
Beaucoup de personnalités qui ont été sollicitées ont refusé de témoigner. Certaines avaient déjà parlé de leur cancer et l'ont regretté. « Quand on prend la parole, on risque d'être réduit à sa maladie », explique Matthieu. En effet, il existe des conséquences très concrètes, comme les discriminations professionnelles et les difficultés liées aux assurances ou aux crédits, entre autres.
Pour lui, « le fait de partager son expérience et de créer un espace où chacun a l'opportunité de s'exprimer a permis une véritable libération de la parole. Il faut apprendre à parler du cancer et à écouter ceux qui souhaitent en parler. »
Le premier cancer et la récidive
À travers son vécu personnel, Matthieu a pu mesurer l'évolution de l'accompagnement des patients et de leurs proches. « À 17 ans, j'ai reçu trente séances de chimiothérapie et cinquante séances de radiothérapie sans jamais voir de psychologue. Lors de ma récidive, j'ai immédiatement été accompagné psychologiquement. Ma chirurgienne a également pris du temps avec ma fille pour lui expliquer ce qui allait se passer. »
Un enjeu universel
« Le « nous » du titre nous a semblé essentiel, car la maladie est une expérience collective », explique Anouk. « Elle touche non seulement la personne malade, mais aussi sa famille et ses proches. Nous voulions un titre qui reflète cette dimension universelle. »
Propos recueillis par Rosa Quispe