Au cœur de Paris, une maison ressemble à une oasis. Ici, les corps et les âmes se reposent, protégés des fracas de la rue.
Un refuge au cœur de la ville
Au cœur de Paris se trouve une maison qui ressemble à une oasis. La maison des coursiers. Un havre de paix où les corps et les âmes se reposent, protégés des fracas de la rue. Le lieu a été créé en 2021 par une coopérative de livreurs à vélo pour offrir un abri et un accompagnement administratif aux coursiers des grandes plateformes de livraisons de repas. Des multinationales, accusées d’exploiter une main d’œuvre étrangère précarisée, souvent sans papiers et sans droits. A Paris, 65 % des livreurs de repas sont des clandestins.
Dans ce lieu à part, on ne demande pas les titres de séjour, on aide, simplement, on soigne les blessures parfois, on offre du thé, du café, la possibilité de se reposer loin des contrôles de police et de recharger aussi les batteries des vélos. Ici, chaque jour, se croisent les destins extraordinaires de jeunes hommes qui ont tout quitté dans l’espoir d’une vie meilleure.
Quatre destins, une même quête
Dans ce havre, nous rencontrons Abdoulaye, 36 ans, Hamed, 28 ans, Mourlaye 44 ans et Jumoh Abou 29 ans. Tous les 4 ont quitté la Côte d’Ivoire il y a 7 ou 8 ans. Aucun d’eux n’a obtenu de titre de séjour. Avec beaucoup de courage, ils ont accepté de nous raconter leurs histoires, à visage découvert, pour révéler une réalité qui, comme souvent, dépasse de loin l’imaginaire… Celle de milliers de migrants qui travaillent chaque jour clandestinement et font prospérer notre économie.
