Le 10 mai, Journée nationale des mémoires de la traite, de l'esclavage et de leurs abolitions, la France commémorera le 25ᵉ anniversaire de la loi Taubira, qui reconnaît la traite négrière et l'esclavage comme crimes contre l'humanité. À cette occasion, le pôle Outre-mer de France Télévisions mobilise l'ensemble de sa rédaction, en télévision comme en radio.
En télévision
À partir de 13.30 en direct sur La1ere.fr, l'offre numérique Outre-mer de France Télévisions, sur Public Sénat, TV5 Monde et en Outre-mer sur les antennes du Réseau des 1ère .
À l'heure où l'ONU a solennellement désigné la traite transatlantique comme « le plus grave crime contre l'humanité », et tandis que s'animent les débats autour des symboles, des réparations et des demandes d'excuses, la question se pose avec acuité : comment cette mémoire blessée trouve-t-elle aujourd'hui sa place dans l'espace public ?
En partenariat avec Public Sénat, le pôle Outre-mer propose une édition spéciale présentée par Thierry Belmont (pôle Outre-mer) et Oriane Mancini (Public Sénat).
En plateau, invités et historiens reviendront sur la loi Taubira et le combat politique qu’elle a représenté. Il sera question de la reconnaissance des victimes de la traite négrière et les attentes portées par cette loi, au-delà du cadre juridique. Vingt-cinq ans après, l'émission interrogera son empreinte sur le récit national et les questions qui restent ouvertes : mémoire, héritages ultramarins, lutte contre le racisme.
En duplex du jardin du Luxembourg, où se tiendra la cérémonie officielle de commémoration, Aurélien Pol (pôle Outre-mer) recueillera les témoignages et réactions des personnalités invitées.
Rédaction en chef Nathalie Nouzières • Production pôle Outre-mer de France Télévisions • 120 min
En radio
• MÉMOIRE ET RÉPARATIONS
En Outre-mer sur l'ensemble des radios du Réseau des 1ère et sur RFI.
Les journalistes du pôle Outre-mer Hodane Hagi Ali et Tessa Grauman proposent une série de cinq reportages consacrés à la question centrale de la mémoire et de la réparation. Vingt-cinq ans après la loi Taubira reconnaissant l’esclavage comme crime contre l’humanité, où en est la question des réparations en France ?
Réalisée à partir de témoignages croisés – responsables politiques, historiens, chercheurs et acteurs associatifs –, cette série s’appuie sur des enquêtes menées dans plusieurs lieux emblématiques de la mémoire de l’esclavage (Bordeaux, Nantes et Paris) et met en lumière les avancées, les résistances et les perspectives d’un travail mémoriel toujours en construction.
Épisode 1 – Quand le voile se lève : le cheminement des descendants d’esclavagistes
Des descendants interrogent l’histoire de leur lignée et racontent la découverte, parfois tardive, de leur héritage familial lié à l’esclavage.
Épisode 2 – Des excuses officielles : portée et limites
Retour sur la cérémonie organisée à Nantes le 18 avril. Ces prises de parole constituent-elles un geste isolé ou le signe d’une évolution plus profonde de la société ?
Épisode 3 – Bordeaux : une mémoire inscrite dans la ville
À travers une exploration du patrimoine urbain et muséal, ce reportage questionne la manière dont une ville peut reconnaître et intégrer son passé esclavagiste.
Épisode 4 – Transmettre l’histoire de l’esclavage
Vingt-cinq ans après la loi Taubira, l’enseignement de cette histoire a-t-il tenu ses promesses ? Quels enjeux pour sa transmission aux nouvelles générations ?
Épisode 5 – Le mémorial de l’esclavage à Paris : un geste de réparation ?
Reportage au Trocadéro, sur le site du futur mémorial dédié aux victimes de l’esclavage. Ce projet, attendu de longue date, peut-il constituer une réponse aux attentes mémorielles et sociétales ?
• FIGURES DE RÉSISTANCE
En Outre-mer sur l'ensemble des radios du Réseau des 1ère.
Manon Palassy (pôle Outre-mer) propose, à travers des modules courts, de raconter des histoires de marronnage et de résistance qui mettent en lumière des trajectoires individuelles et collectives de résistance à l’esclavage. Au-delà des figures individuelles, ces chroniques interrogent les formes d’organisation, de lutte et de survie développées par des personnes mises en esclavage, contribuant ainsi à une meilleure compréhension des dynamiques de résistance souvent marginalisées dans les récits historiques dominants.
La Réunion – Sarlav et Laverdure, figures du Royaume marron
Au XVIIIᵉ siècle, deux anciens esclavisés d’origine malgache prennent la tête d’un territoire de résistance dans les montagnes réunionnaises. Pendant plus d’une décennie, ils structurent une organisation politique et militaire face au pouvoir colonial.
La Réunion – Marronnage et contrebande du café
Au début du XVIIIᵉ siècle, des esclavisés en fuite s’allient à de petits colons pour développer un commerce clandestin de café. Cette coopération inattendue révèle des formes complexes d’économie parallèle et d’alliances sociales dans le contexte esclavagiste.
La Réunion – Le Royaume marron, une société alternative
Dans les hauteurs de l’île, des communautés de marrons fondent une organisation autonome, structurée politiquement et militairement. Ce « royaume » témoigne de la capacité des fugitifs à bâtir des sociétés durables, au-delà de la simple fuite.
Guadeloupe – Solitude, une figure de la résistance
Engagée dans l’insurrection de 1802 contre le rétablissement de l’esclavage, Solitude incarne la lutte des femmes dans les mouvements de résistance. Son exécution, après son accouchement, en fait une figure majeure de la mémoire guadeloupéenne.
La Réunion – La révolte d’Élie (1811)
À Saint-Leu, une insurrection d’esclavisés éclate en 1811. Bien que rapidement réprimée, cette révolte demeure l’un des épisodes les plus marquants de résistance sur l’île.
Guyane – Les Bushinengués, sociétés de liberté
Descendants de marrons ayant fui les plantations, les Bushinengués fondent des communautés autonomes en forêt amazonienne. Leur organisation sociale et les traités conclus avec les autorités coloniales témoignent d’une résistance durable et structurée.
Saint-Domingue / Haïti – De la révolte à l’indépendance
À partir de 1791, une insurrection d’esclavisés conduit à la première révolution victorieuse contre un système colonial esclavagiste. L’indépendance d’Haïti, proclamée en 1804, marque un tournant majeur dans l’histoire mondiale.