Après les émeutes, des trajectoires de vie ont basculé en quelques heures. Le documentaire De la Calédonie à Wallis, un exil à la source suit des familles wallisiennes contraintes de quitter une Nouvelle-Calédonie où elles avaient construit leur existence, pour revenir à Wallis-et-Futuna, leur terre d’origine. Un retour bouleversant, traversé par la perte de repères, la nécessité de se reconstruire et une profonde quête d’identité.
Un documentaire Itinéraires écrit et réalisé par Christine Della-Maggiora et Dominique Roberjot. De la Calédonie à Wallis, un exil à la source raconte une histoire intime et profondément actuelle : celle d’un retour subi, après une vie construite ailleurs.
Un départ forcé, une vie à reconstruire
Ils s’appellent Malia, Sévé, Fili. Tous sont nés à Wallis-et-Futuna, mais comme beaucoup de Wallisiens, c’est en Nouvelle-Calédonie qu’ils ont grandi, travaillé, fondé une famille. Là-bas, ils avaient leurs repères, leur quotidien, leur identité.
« Moi, je me sentais calédonienne », confie Malia, installée depuis plus de trente ans à Nouméa, où elle avait ouvert son salon de coiffure.
Mais tout bascule lors des émeutes du 13 mai 2024 en Nouvelle-Calédonie. Violence, peur, économie paralysée : le climat devient invivable. Le salon de Malia est incendié. Sévé perd son emploi. Les enfants sont marqués. Face à l’insécurité, une décision s’impose : partir.
Revenir sans vraiment rentrer
Le retour à Wallis n’a rien d’un retour apaisé. C’est un exil inversé.
« On arrive ici sans argent. J’ai tout perdu. Je repars de zéro », raconte Malia.
Car revenir, ce n’est pas seulement changer de lieu. C’est réapprendre à vivre dans une société structurée par la coutume, la famille, les obligations collectives. Une société où ils sont chez eux… sans l’être tout à fait.
« D’abord, je veux sécuriser ma famille. La coutume viendra après », explique Sévé.
Trouver sa place, entre deux mondes
Accueillis avec bienveillance, ces “revenants” portent pourtant en eux une autre vie. D’autres habitudes, d’autres rythmes, une autre vision du monde. Leur présence interroge autant qu’elle rassemble.
Comment retrouver sa place dans un système que l’on a quitté enfant ?
Comment se réadapter à une terre devenue étrangère ?
Et surtout : où est vraiment “chez soi” ?
Un film sur l’après
Tourné en immersion à Wallis, ce documentaire ne raconte pas seulement un retour. Il explore ce moment fragile où tout reste à reconstruire : les repères, les liens, l’identité.
Un récit sensible sur l’arrachement, la résilience et la quête d’équilibre entre deux mondes.
Réalisation et images : Dominique Roberjot
Ecritures et images : Christine Della-Maggiora
Durée : 52 minutes