Biodiversité en Outre-mer
Quelle prise en compte des enjeux ultramarins ?
Les Outre-mer abritent 80 % de la biodiversité française sur 22 % du territoire national. Ils concentrent plus de 98 % de la faune vertébrée et 96 % des plantes vasculaires spécifiques à la France. Mais ces zones naturelles sont exposées au réchauffement des eaux, aux pollutions, à l’urbanisation, aux espèces envahissantes et à la déforestation. Dès lors, quelle prise en compte des enjeux ultramarins ? Se donne-t-on les moyens de préserver ces richesses naturelles, alors que la France s’est engagée à stopper et à inverser d’ici à 2030 la perte de biodiversité sur son territoire ?
Avec plus de 93 000 espèces indigènes recensées, dont 13 000 endémiques, les territoires ultramarins recèlent une biodiversité extraordinaire. Les récifs coralliens hébergent 25 % de la vie marine mondiale, les mangroves — habitat végétal à la frontière entre le terrestre et le marin — protègent les populations côtières et stockent d’importantes quantités de carbone. Les forêts tropicales guyanaises représentent à elles seules le tiers de la forêt française. Mais ces écosystèmes sont aujourd'hui mis en péril. 30 % des espèces menacées en Outre-mer sont affectées par des espèces exotiques envahissantes. Ainsi la présence de Miconia calvescens compromet la survie de nombreuses plantes endémiques et entraîne une érosion des sols en Polynésie et en Nouvelle-Calédonie. Mayotte a un taux de déforestation annuel de 1,2 %, « similaire à ceux de l’Argentine ou de l’Indonésie », précise le comité français de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), faisant de l'archipel le département français le plus frappé par la déforestation. En Guyane, les ressources naturelles locales subissent les conséquences de l'orpaillage illégal, notamment la déforestation pour l’installation des camps d’exploitation, la destruction des sols, l’intensification de l’érosion, la destruction du lit des rivières ou encore la pollution aux matières en suspension et au mercure.
Les territoires ultramarins, majoritairement insulaires, sont également confrontés à deux menaces d'une gravité particulière : la perte de ressources halieutiques et le blanchissement des coraux. La surpêche et la dégradation des écosystèmes marins fragilisent des populations côtières dont l'alimentation et l'économie reposent largement sur la mer. Quant aux récifs coralliens, déjà soumis aux pollutions et aux espèces envahissantes, le réchauffement des eaux accélère leur blanchissement, menaçant des écosystèmes d'une richesse irremplaçable et les équilibres marins qui en dépendent. La Polynésie française illustre à elle seule toute la complexité de ces enjeux : ses récifs figurent parmi les plus menacés, mais c'est aussi sur son territoire qu'a été découverte une variété de coraux présentant une résistance remarquable au changement climatique. La question désormais posée aux chercheurs est celle de la transplantation : ces coraux résistants peuvent-ils être reproduits et implantés dans d'autres régions du monde pour régénérer les récifs en danger ? L'Outre-mer, souvent perçu comme une zone de vulnérabilité, pourrait ainsi devenir un territoire de solutions pour la biodiversité mondiale.
Siti Daroussi, en collaboration avec les rédactions du Réseau des 1ère, reviendra avec ses invités, en plateau et en duplex, sur les moyens mis en œuvre pour répondre au défi de la biodiversité dans les Outre-mer. Comment favoriser la prise en compte de la biodiversité dans les politiques et les actions locales en Outre-mer ? Quelle politique européenne pour la biodiversité des Outre-mer ? Plus globalement, quel renforcement des moyens humains et financiers pour la mise en œuvre des politiques de la biodiversité et pour répondre efficacement aux enjeux de conservation ?
Invités en plateau
Véronique Andrieux, directrice générale WWF France
Anne Durand, vice-présidente Outre-mer de France Nature Environnement (FNE)
Pierre-Michel Forget, biologiste écologue, professeur en écologie tropicale (Muséum national d'histoire naturelle)
Invités en duplex
Sylvie Gustave-dit-Duflo, présidente de l'Office français de la biodiversité (OFB), vice-présidente de la Région Guadeloupe chargée de la commission environnement
Béatrice Ibéné, présidente de l’Association pour la sauvegarde et la réhabilitation de la faune des Antilles (ASFA)
Ali Madi, président de la Fédération mahoraise des associations environnementales (FMAE)
Inédit
52 min
Présentation
Sitianlati Daroussi
Rédaction en chef
Bruno Sat
Direction de l’information du pôle Outre-mer
Laurent Corteel
Willy Bracciano
Direction des rédactions de Malakoff
Jean-Claude Samyde
Production
France Télévisions
2026